Omaj

Omaj révolutionne la seconde main

Omaj la plateforme qui bouscule Vinted avec… élégance

Paul Charon a plaqué son job dans la finance pour créer avec sa meilleure amie Marine, une plateforme de vente de vêtements de seconde main. Ces deux diplômés de l’Ecole Centrale aspirent à participer à une mode éco responsable.

Le concept d’Omaj ?

Remettre en circulation les belles pièces oubliées de nos placards… vous allez dire ce que ce concept existe déjà.. eh bien non…. Omaj se différencie ainsi : 

Les vendeurs envoient les vêtements qu’ils ne mettent plus …

Les acheteurs trouvent de belles pièces de seconde main en bénéficiant d’une expérience proche du e-commerce traditionnel.

Rencontre avec l’un des co fondateurs.

par Valérie Tribes et Alice Carle
Comment est né OMAJ ?

Rien ne prédestinait les deux fondateurs de OMAJ, Paul Charon et Marine Daul, à atterrir dans le monde de la mode. En effet, travaillait dans le conseil proche du milieu de la finance,  quant à Marine, elle a aussi commencé dans le conseil puis dans une société pour s’occuper de la logistique e-commerce.

L’histoire de OMAJ a commencé en 2021 quand Marine, 30 ans, avoue à Paul qu’elle ne se plait plus dans son travail et qu’elle souhaite prendre de nouveaux horizons.

L’ambition de Marine est de « monter quelque chose qui soit en accord avec ses valeurs, et qui corresponde plus à son mode de consommation, comme la seconde main«  nous explique Paul. Il s’avère que c’est également son cas et, après 3-4 mois de réflexion, OMAJ est né en mai-juin 2021 et le site a été lancé mi juillet 2021. Les deux jeunes fondateurs ont d’abord dressé un constat des limites de  certains sites de seconde main tels que Vestiaire Collective  et surtout, Vinted. En effet, Paul souligne « les travers de ces sites où les particuliers sont livrés à eux-mêmes et où beaucoup de ventes n’aboutissent pas« .

Pourquoi ? Par « flemme ou manque de temps des vendeurs de faire les cartons ou de jolies photos«  nous avoue Paul, ou par lassitude des vendeurs à cause des acheteurs qui négocient sans cesse. Résultat ? Les gens donnent, ou pire, jettent leurs biens par impatience et découragement.

Pourquoi OMAJ ?

En référence au mot  « hommage », Paul et Marine voulaient “rendre hommage aux vêtements qui dorment dans les placards, aux ressources utilisées pour les produire, et surtout, aux femmes et aux hommes qui ont travaillé pour les concevoir”.

OMAJ souhaite œuvrer à ce que ces vêtements entrent une nouvelle fois dans la circularité du marché.

Quelle est la logistique de OMAJ ? Par exemple, j'ai des vêtements que je veux vendre, comment faire ?

Première étape : se rendre sur le site internet de www.vendre.omaj.fr, lire les instructions de tri, créer un compte et remplir le formulaire très simple en informant le nombre de pièces envoyées. Suite à cela, vous recevrez sur votre boite mail un bordereau Mondial Relay afin d’envoyer les articles dans le carton de votre choix.

Puis, les vêtements sont réceptionnés par OMAJ qui propose un prix au vendeur, qu’il valide ou pas, le prix étant discutable. L’article sera mis en vente sur le site 48 à 72 heures après la proposition de prix. Concrètement, le système de décote et le prix de départ qui en découle sont réalisés de façon la plus juste possible en regardant le prix neuf de la pièce, son ancienneté et son état. Sachant que l’acheteur ne pourra pas négocier ce prix qui est fixe rendant le processus bien moins aléatoire que sur d’autres plateformes de revente.

Troisième étape : l’article est passé sous crible lors du contrôle qualité afin de déterminer son état et son ancienneté. Il est ensuite pris en photo et rentre dans la base de données pour ensuite être stocké avant d’être envoyé à son futur acheteur. Le gros avantage est que si vous achetez plusieurs pièces de plusieurs vendeurs différents, vous ne recevrez qu’un seul colis et vous n’aurez à payer les frais de port qu’une seule fois puisque tous les produits sont centralisés chez OMAJ.

Enfin, le délai de rétractation légale étant de 14 jours, cela laisse le temps à l’acheteur de vérifier que la pièce convient et est conforme à ses attentes. Sinon, OMAJ accepte les retours en prenant une commission sur l’acheteur qui permettra de payer la manutention et le travail colossal de prise de photos, de stockage, d’envoi, etc…

OMAJ est le seul et unique intermédiaire entre le vendeur et l’acheteur pour une commission de 6€ par article + 20% du prix de la vente nécessaire à rentabiliser la manutention en entrepôt, les campagne d’acquisition pour se faire connaître, les collaborateurs, de futurs responsables de communication, etc…

Grand avantage de la plateforme : les vendeurs peuvent décider où ira leur argent. Vous pouvez bien évidemment garder l’argent et la virer sur votre compte, ou faire un bon d’achat pour acheter d’autres pièces sur le site de OMAJ. Mais ce qui rend la démarche d’Omaj encore originale  , vous pouvez aussi choisir de donner cet argent à l’association de votre choix.

Les vêtements invendus vous seront renvoyés en l’échange d’une commission ou OMAJ s’occupe de la fin de vie de vos vêtements par la vente au kilo auprès du réseau de boutiques solidaires de la Croix Rouge.

Qu'est-ce que l'on peut souhaiter à OMAJ ?

« À court terme, d’être un peu plus connu et, sur le plus long terme, des apparitions de pop-up store partout en France«  et potentiellement en Belgique avec des pièces dûment sélectionnées par OMAJ comme dans une logique de présentation et de vente d’une collection de saison vendue en exclusivité.

Ensuite, Paul et Marie souhaiteraient collaborer avec des marques pour revendre leurs invendus. Les idées ne manquent pas, Paul et Marie ont plein « de projets dans les tuyaux« , alors encourageons-les, et rendez-vous sur www.omaj.fr. “La seconde main ne solutionnera pas tout” selon Paul, mais ce dernier en est convaincu : « rendre un vêtement unique en lui donnant une seconde vie, c’est bien plus élégant que d’acheter neuf la même pièce que tout le monde ».

FOCUS VINTED

L’association de consommateur l’UFC-Que Choisir a saisi la justice contre Vinted le 18 mai 2021 dernier avec pour chef d’accusation contre le champion de la vente en ligne de vêtements de seconde main de «pratique commerciale trompeuse» 

Dans leur viseur ? 

La commission «soi-disant optionnelle» facturée lors de chaque transaction sous l’appellation tendancieuse de ‘Protection acheteurs’ dont le montant n’apparaît qu’au moment de payer. Par ailleurs, aucune fonctionnalité ne permet de la refuser, de la désactiver ou de la supprimer et surtout, les sommes générées par la facturation indue de cette commission sont colossales. 

Autre souci de taille pour Vinted : l’authenticité, les pièces ne passent pas dans les mains d’experts avant d’être vendus : seul la sincérité et l’honnêteté du vendeur (preuves, certificat d’authenticité ou étiquette à l’appui) comptent… et la fraude est devenu un sport local sur la plateforme !

Chaque vendeur a sa propre définition du « parfait état », « très bon état » et autre : seuls les photos et le commentaire témoignent de cet état mais parfois, l’article n’est pas à la hauteur ni des photos et encore moins de la description. Il faut alors batailler pour se faire rembourser…

Vinted pas si écoresponsable 

 « Tant pis si je ne porte cette fringue que deux fois, au pire elle finira sur Vinted »

Vinted devient une réelle excuse aux achats compulsifs, aux erreurs d’achat et aux achats à la va-vite des fashionistas ce qui va totalement à l’encontre de la démarche de départ qui était celle de remettre un produit dans l’économie afin de le valoriser.